Si les techniques modernes sont aujourd’hui de plus en plus pointues, la
pression de pêche et la pratique grandissante du « catch and
release » induisent inévitablement de plus en plus de méfiance de la part
des prédateurs vis-à-vis de nos leurres...
C’est désormais dans les détails que peut se faire la
différence et négliger certains paramètres est une erreur que commettent encore
nombre de pêcheurs. C’est notamment le cas en ce qui concerne l’utilisation d’attractants,
trop rarement au cœur de nos stratégies de pêche.
Si l’on admet maintenant facilement le rôle que possèdent
les attractants pour masquer certaines odeurs ou gouts parasites que des
éléments extérieurs peuvent laisser à la surface de nos leurres, il ne faut pas
perdre de vue que les produits que nous utilisons sont…des attractants !
Leur principale fonction est donc bien de rendre nos leurres plus attractifs,
d’un point de vue gustatif, olfactif mais aussi parfois visuel.
Partons donc du principe que nous observons une vue
d’ensemble pourpetit à petit venir
zoomer sur la « strike zone » (la fameuse zone d’attaque) comme si
nous étions nous même un prédateur en quête d’une proie (sans anthropomorphisme
mais en essayant d’imaginer le ressenti d’un poisson).
La première des choses susceptible d’alerter un carnassier
est avant tout le bruit que font nos leurres, (principalement en ce qui
concerne les leurres durs mais pas seulement puisque l’ajout de rattles dans
les leurres souples suffit parfois à les rendre plus que bruyants) ainsi que
les vibrations qu’ils émettent et les signaux visuels qui les distinguent. Dans
ce cas de figure l’utilisation d’attractants semble superflue mais il serait
pourtant dommage de se priver de certains de leurs atouts. L’utilisation d’un
nitro booster en crème peut devenir une arme redoutable si l’on veut faire
bouger un carnassier de loin. La crème des nitro booster est en effet chargée
de paillettes destinées à se répandre dans l’eau et à figurer la perte
d’écailles. Dès lors l’utilisation d’une telle crème sur des leurres durs ne
parait plus ni aberrante ni inutile mais plutôt particulièrement futée.
Badigeonné de crème pailletée, un jerkbait tel que le squadminnow ou le
squirell va voir son attractivité augmentée par l’illusion d’une perte
d’écaille à chaque écart latéral du leurre. L’effet de poisson paniqué que l’on
cherche alors à créer en utilisant un
tel leurre n’en sera qu’accentué.
Attention ! : Veillez à bien rincer et sécher vos leurres durs après vaporisation ou application de crème afin de garantir la longévité de leur peinture.
La présence de Nitro Booster en crème à peut être décidé ce brochet à attaquer
L’utilisation d’un attractant sous forme de spray, outre son
côté pratique, trouve dans une approche stratégique globale, une justification
qui va bien au-delà de ce que l’on imagine d’habitude. Si l’on est en droit
d’être sceptique quant à l’idée qu’un prédateur puisse suivre et attaquer un
leurre boosté uniquement à cause de l’effluve qu’il laisse derrière lui il est
en revanche très simple d’imaginer que l’on puisse « saturer »
d’odeurs et de gouts une zone précise et potentiellement réveiller l’appétit de
poissons qui se montreraient boudeurs. La capacité de dispersion dans l’eau des
boosters liquides en spray en fait de véritables infusions. Puisque les
poissons goutent l’eau en même temps qu’ils la respirent, le passage répété
d’un leurre chargé d’attractants va donner du gout à celle-ci et peut alors
déclencher chez un prédateur l’envie de se nourrir. Dans ce cas l’utilisation d’un
attractant tel que le fameux nitro booster crustacé, aux parfums familiers à tous
les carnassiers est un choix de tout premier ordre.
Un neonflick salé ne perd rien à être boosté aux crustacés
Attardons nous maintenant sur les instants qui précèdent
l’attaque du leurre…ou son refus par un prédateur. La simple présence d’un
attractant sur le leurre peut être le détail qui va transformer un suivi ou un
refus en attaque franche. Il est en effet répandu dans l’esprit de la plupart
des pêcheurs que le brochet est un poisson maladroit et qu’il rate souvent sa
cible. Partant de là, l’attaque avortée d’un brochet est souvent mise sur le
dos de sa maladresse ou sur un problème mécanique d’animation…mais curieusement
jamais sur le manque de réalisme du leurre dans les instants qui précèdent le
coup de mâchoire…et pourtant. Pour reprendre une phrase de Fred Jullian :
«Un brochet maladroit est un brochet mort ». chaque observateur de la
nature en conviendra, les poissons fourrages dont se nourrissent les prédateurs
que nous traquons sont beaucoup plus rapides que les leurres que nous
utilisons, dès lors il est clair que lorsqu’un brochet (ou un autre carnassier)
« rate » sa cible, tape court ou ne fait que suivre le leurre puis
s’en détourne c’est qu’il ne trouve pas son compte dans ce que nous lui
proposons. L’utilisation d’un attractant ne permettra sans doute pas de
provoquer une attaque dans 100% des cas mais permettra à coup sur d’augmenter
les chances de succès en déjouant jusqu’au bout la méfiance du poisson qui se
laissera duper par l’odeur de vrai qui émane du faux.
L’utilisation qui est faite des attractants est à l’heure
actuelle, dans la majorité des cas, destinée à prolonger la tenue en bouche du
leurre par le poisson…Il ne s’agit plus alors d’un attractant à proprement
parler mais plutôt d’un retardateur. Il ne s’agit plus alors de provoquer une
attaque mais de permettre une meilleure détection de la touche et un ferrage
« dans les temps » (il est à noter que dans le cas de leurres
aromatisés dans la masse, le « parfum » sert plus de retardateur que
de réel attractant et que l’ajout d’un booster ne fait jamais de mal). La
plupart des carnassiers aspirent nos leurres et sont à même de les recracher si
le gout qu’ils ont alors en bouche leur parait suspect. Un attractant tel que
le nitro booster à l’ail est parfait pour que le poisson mâchouille quelques
précieuses secondes la bouchée qui leur est présentée. L’ail est en effet un
parfum qui, en plus d’être assez persistant, est très apprécié des carnassiers et du bass en
particulier. Utilisés en spray lorsque les poissons sont mordeurs ou en crème
lorsqu’il est nécessaire d’avoir une meilleure tenue de l’attractant sur le
leurre lors de passages répétés dans des obstacles épais, de poissons
difficiles ou recrachant le leurre très rapidement (sandre en particulier), les nitro booster
sont désormais aussi importants pour réussir une partie de pêche que le choix
d’un coloris précis ou d’un type de bas de ligne particulier.
...Et un bass boosté ! Un !
Astuce : lors de la pulvérisation ou l’application
d’attractant sur un rubber jig, attardez vous sans retenue sur la brosse anti
herbe…celle-ci est une véritable cage à arômes qui seront littéralement exhalé
lorsque le carnassier donnera son coup de gueule.
L’utilisation d’attractants dans les techniques de pêches
modernes aux leurres est désormais à mettre au même niveau que les différents
autres paramètres que l’on prend naturellement en compte pour réussir car
solliciter tous les sens d’un prédateur c’est lui donner toutes les raisons de
s’intéresser de près à nos leurres…qu’ils soient durs ou souples.